Kees Streefkerk : photographe ou artiste de retouches ?

Qui est Kees Streefkerk ? | Interview | EquipementExemples de photos


Qui est Kees Streefkerk ?

Kees Streefkerk (20) a été repéré en tant que jeune talent par Metro. Grâce aux retouches réussies de sa photo, dans laquelle on voit couler une spectaculaire cascade sous le pont Erasmus à Rotterdam. Que cela représentait-il pour le photographe ? Après quelques recherches, nous sommes tombés sur le compte Instagram de Kees : @kees_streefkerk. Kees Streefkerk semblait avoir d'autres images aériennes impressionnantes.

Kees fige le monde depuis le ciel et nous montre des endroits colorés. Même dans ses images par drone, la retouche photo joue un rôle important. Il exagère volontairement ses traitements. Kees est-il photographe ou artiste de retouches ? Nous lui avons directement demandé ?


Comment as-tu commencé à faire de la photographie par drone ?

Tout a commencé avec un simple drone-jouet. "Un de 50 €, vous savez ? J'en ai voulu un après avoir vu un collègue de boulot avec son drone. Ça m'a paru plus malin de démarrer simple. Et ça l'était ; c'est vraiment ce que je conseillerais à tout le monde. D'abord, j'ai utilisé le drone-jouet à l'intérieur. Il s'est écrasé tellement de fois. Je n'ai pas compté, mais ce truc-là est incroyablement résistant, il est resté intact. Ce n'était donc pas angoissant de m'entraîner avec.

Après un certain temps, j'ai pris confiance en mes capacités de vol et j'ai acheté un vrai drone. Cela m'a paru beaucoup plus facile à piloter en plus, parce que le drone-jouet ne se maintenait pas seul en équilibre, alors que le DJI si. Si vous savez piloter un drone-jouet, vous avez acquis une bonne base. C'est comme ça que je conseillerais à tout le monde de démarrer. Ça ne coûte rien !

"J'ai économisé petit à petit pour m'offrir ce drone, j'aurais tout donné pour ça"

 

Tu avais 17 ans. Comment as-tu récolté l'argent pour acheter un drone ?

"J'avais un petit boulot dans une usine d'aluminium, j'aidais au montage de fenêtres. Comme ça, petit à petit j'ai économisé pour m'offrir ce drone. J'aurais tout donné pour ça.

Pourquoi ? Je ne sais pas, ça me paraissait juste trop cool. J'ai toujours aimé les images et la nature. Parfois je faisais aussi des photos naturalistes avec mon appareil photo reflex. La photographie de paysages m'a toujours passionné. En ce moment, je fais une formation avec le Grafisch Lyceum (Crossmedia) et je suis photographe freelance."

J'ai acheté un DJI Phantom d'occasion, tout simplement sur Marketplace, pour 900 €. Je l'ai acheté à quelqu'un qui ne l'avait piloté que deux fois. Comme ça j'ai économisé 300 €. Avec cette économie j'ai pu m'acheter des gadgets sympas."


Tu as dit que c'était plus facile de piloter un DJI Phantom que ton drone-jouet. Tu n'avais plus rien à apprendre donc ?

Si, bien sûr, j'ai dû apprendre comment ajuster les fonctionnalités, le RAW, les réglages du gimbal, la hauteur maximale, allumer les capteurs, régler le retour à la maison... J'ai tout appris par le biais de tutos sur YouTube et en devenant membre de groupes sur Facebook pour mon drone en particulier. Là, tu peux poser des questions. Et il y a toujours quelqu'un prêt à t'aider.

Le mieux de s'entraîner beaucoup. Moi, j'allais dans les prés près de chez moi, autour d'Utrecht. Il n'y a pas de maisons ou d'arbres contre lesquels écraser ton drone. Ça donne un sentiment de tranquillité, pour pouvoir se lâcher et faire des expériences. C'est vraiment nécessaire, parce que tu dois apprendre à complètement garder ton drone sous contrôle."

"J'évite de crasher le drone en volant par-dessus les arbres, à au moins 60 mètres d'altitude"

 

As-tu déjà crashé tes drones ?

"Non ! Je touche du bois... Mais ça ne m'est encore jamais arrivé, avec aucun de mes drones professionnels. Même pas avec le DJI Mavic Pro que je viens d'acquérir. J'évite aussi de crasher le drone en décollant à partir d'une certaine altitude : à 60 mètres du sol. Comme ça, je suis au-dessus des arbres et je peux facilement les survoler. Après, je règle toujours mon Return To Home (retour à la maison) à 60 - 80 mètres."

As-tu déjà eu des bugs avec ton drone, de sorte à devoir improviser ?

"Une fois, mon Phantom 4 a perdu la connexion en plein vol. En général, il se reconnecte après avoir remué un peu les antennes, mais là, ça n'a pas fonctionné. Heureusement, il est rentré tout seul au point de départ. Après le redémarrage du drone, tout fonctionnait à nouveau, puis à nouveau une perte de connexion.

Quand j'ai interrogé le groupe Facebook de ce drone, il semblait que je n'étais pas le seul à avoir ce souci. Il y avait une erreur dans le micrologiciel que DJI avait diffusé. Comme le lendemain j'ai voulu retourner voler, j'avais installé une ancienne version de logiciel grâce au DJI assistant 2 software. Plus tard, DJI a diffusé une nouvelle version, que j'ai donc installée."

"Mes photos n'ont pas besoin d'être réalistes"

Jusqu'où vas-tu avec la retouche photo ?

"J'ai toujours retouché mes photos, même quand je faisais surtout de la photographie de paysages. Mon outil préféré était Lightroom. J'essaie toujours de retoucher mes photos avec un style propre, comme ça, je crée un bel ensemble de toutes mes photos.

Ça m'arrive d'effecteur de la photo manipulation. Pour moi, c'est un moyen d'exprimer ma créativité. Dans ce domaine-là je ne prends pas de pincettes, j'exagère tout et mets de gros accents. J'ai par exemple fait ceci avec une photo topdown d'un étang qui ressemble à un œil.

Mes photos n'ont pas besoin d'être réalistes. Pour moi, c'est plus important que l'image soit captivante, et qu'elle ressemble à quelque chose. Parfois je fais des expériences. Je poste ma photo (sur les réseaux) et mets un avant-après sur mon fil d'actualité. Comme ça tu vois les photos brutes et retouchées, et souvent je reçois des tas de commentaires sympas des gens.

Si tu veux voir mes photos avant et après, tu peux, ça m'est égal. Parce qu'au fond, quel photographe ne retouche pas ses photos ? C'est pas grave, mais ne prétendons pas le contraire. Soyons francs et honnêtes. Donc, toutes les photos avec de l'eau que j'ai prises aux Pays-Bas sont presque toutes retouchées. Je n'aime pas la couleur verdâtre, donc je la rend plus bleue."

 

 

Comment t'arranges-tu à créer ton propre style ?

"J'aime bien faire des séries et c'est génial quand mes photos s'assemblent lorsque je les mets côte à côte. Souvent je modifie le vert de mes photos en une teinte vert foncé, je rabaisse la saturation et j'éclaircis les oranges dans mes images. Comment j'ai appris ça ? En regardant des tutos bien sûr. Je cherchais une info spécifique, comme "Que faire avec des sliders ?" ou "Comment travailler avec des teintes ? "

Tu es sensible à ce que pensent les autres de ton travail ?

"Pas vraiment. Parfois, je demande à des amis photographes très honnêtes ce qu'ils pensent de mes photos. Je les bipe vite fait, souvent ils me fournissent des commentaires pratiques et utiles. Je mets les conseils non demandés de côté, et j'ai rarement des commentaires négatifs. Il y a certainement des gens qui n'aiment pas mon travail. Ils ont le droit. Qu'ils continuent à défiler vers un autre compte. C'est ce qui est pratique avec Instagram, je le fais aussi moi-même. Il y en a pour tous les goûts !"


 

Quelles sont les photos que tu trouves les plus réussies ?

Il y a quelques photos travaillées desquelles je suis fier : l'image du pont Erasmus et la cascade, et le lac qui ressemble à un œil. La pyramide d'Austerlitz aussi est bien réussie. Je prends toutes mes photos en RAW et les sous-expose d'un stop. Tu peux encore tirer de nombreux détails des ombres lorsque tu fais les retouches, mais pas avec les parties surexposéees. Avec cette photo, j'ai récupéré les ombres grâce à Lightroom.

Pas tout le monde ne fait ce que je fais. La cascade que j'ai faite couler sous le pont Erasmus dans mon image manipulée en est un bon exemple. Tout comme le lac qui ressemble à un œil. Les idées de retouches me viennent spontanément. C'est comme ça que j'ai vu un œil dans un lac quand j'étais sur le sommet d'une montagne en vacances. J'avais peu à ajouter pour en faire un œil bleu au regard rêveur."

"La qualité de tes photos est importante ! Les vraies bonnes photos sont vues à un moment ou à un autre"

Comment te vois-tu : plutôt comme un photographe par drone ou un artiste de retouches ? 

“Je considère vraiment ma photographie par drone comme un hobby. Je l'utilise souvent et j'ai toujours mon appareil photo et mon drone dans mon sac. Je prends énormément de plaisir à piloter, à être concentré à la tâche, à peaufiner mon travail et de la satisfaction si le résultat est bon. Mais ça ne doit pas devenir une obligation. Je ne sors que quand il fait beau. Regardez mon compte Instagram : en hiver il est étrangement silencieux ! J'essaie de ne pas être trop silencieux, parce que les gens arrêtent de te suivre si tu es inactif pendant trop longtemps. Après un certain temps, je reprends l'activité.

C'est quand je pense : ah, j'ai encore de la matière là. Pendant un moment j'ai utilisé la planification d'Instagram Later.com, super pratique. Comme ça, tu reçois toujours une alerte quand tu as programmé une photo. J'ai alors partagé une photo d'un arroseur dans un champ de tulipes (photo avant et après). Une photo coup de chance. Je roulais avec un autre photographe par le Flevopolder et j'attendais que le paysan commence à arroser avec son tracteur. Ce moment n'est jamais arrivé. Cette prise est mieux réussie et cadrée que ce que j'avais prévu. J'ai aussi retouché cette photo. Regarde la photo d'origine, tu vois la différence ?

Cette photo avec ce jeu de gouttes d'eau, les lignes droites, c'est juste un peu différent de toutes ces photos topdown de champs de tulipes que vous trouvez sur Instagram. J'ai reçu une quantité incroyable de réactions. Moi je le vois de la façon suivante : la qualité de tes photos est importante. Les vraies bonnes photos sont vues à un moment ou à un autre"

 

Certaines personnes font un métier de leur hobby...

"Je ne m'imagine pas tout de suite devenir un pilote de drone commercial. Quelles sont les chances que je puisse gagner gros avec la photographie par drone ? Il faut investir beaucoup, un certificat ROC est assez cher. Il y a aussi une concurrence relativement importante, et tu dépends des missions qu'on te donne.

En fait, j'aimerais me diriger vers le documentaire. J'essaie aussi d'atteindre ce but avec mon studio et mes activités en tant que vidéaste freelance. Ce que j'aimerais bien, c'est de pouvoir soutenir mon travail de caméraman avec des images par drone. Avec ces images je pourrais bien démontrer quel est le cadre et tout bien mettre en perspective.

Je continuerai de toute façon à prendre des images par drone. A chaque instant de libre, je recherche des informations parce que j'aime ça. Je regarde le travail des autres en ligne, et je regarde des tutos sur YouTube pour apprendre de nouvelles techniques et j'ai envie d'essayer encore de nombreuses autres choses créatives et d'autres équipements."

 

Es-tu souvent en contact avec d'autres pilotes de drones ? Ça faisait quoi d'être le plus jeune au début ?

"Ça se limite aux discussions dans les groupes de Facebook. Après, je suis des photographes et des pilotes de drones que j'aime beaucoup, tels que @abstractaerialart. Ce compte a de nombreuses photos topdown symétriques ou de belles formes de paysages. Je trouve l'étalonnage de @borsch assez remarquable. Je suis volontiers le compte @buchstabenhausen aussi, parce qu'il s'agit d'un bel exemple de comment s'en tenir à un seul style de couleur sur Instagram. C'est pas comme si je suivais forcément ceux qui me suivent.

L'âge n'a jamais été un obstacle. Pas un avantage non plus. Je ne n'abordais juste pas le sujet. Vous trouverez peu d'information personnelle à mon sujet sur mon compte. Si vous voulez savoir quelque chose sur moi, vous pouvez toujours demander, mais ce n'est pas nécessaire. Les images parlent d'elles-mêmes."

strong>Quels endroits recherches-tu pour faire voler ton drone ?

"Depuis le temps, je pense que j'ai fait à peu près tous les sites pour drones des Pays-Bas. Souvent je pars 2 / 3 fois par an en vacances, je ne peux pas partir plus souvent hélas, parce que je fais encore des études. A l'étranger, je prends autant de photos que possible. La matière de mes voyages sont ma réserve : ça me permet d'avancer avec de la matière nouvelle et originale. Mon prochain voyage sera en Corse. A la maison, je scanne les environs avec Google Maps. Je cherche les beaux endroits, les beaux reliefs de paysages et je les marque avec un drapeau.

 

Si vous voyiez mon Google Maps, vous verrez en ce moment bien 100 - 200 points marqués sur la carte des Pays-Bas. Sur Instagram, je regarde des comms sur la Corse, de préférence de photographes par drone. J'essaie déjà de voir le monde depuis la perspective d'un drone et je vois la taille des choses, afin de faire tous les réglages comme il faut. Sur place, il ne me reste plus qu'à shooter. En principe, je suis prêt en cinq à dix minutes. Quand j'ai l'image que je veux, je m'en vais." Il rit : "Je n'ai plus rien à faire là-bas !"

Pour la photo du pont de chemin de fer en France, c'est aussi comme ça que je me suis préparé. J'avais regardé où je pouvais me mettre (sur le parking), combien de temps je devais voler pour l'atteindre, et j'avais réglé maximum 120 mètres. La photo est bien réussie ! Si je dois voler à plus de 120 mètres, je fais un shoot panoramique. Avec Lightroom, tu peux facilement assembler tes photos. D'ailleurs on peut aussi le faire avec l'appli DJI."

 

Equipement

Voici l'équipement qu'utilise Kees Streefkerk : DJI Mavic 2 Pro, une batterie DJI Mavic 2 supplémentaire, Polarpro Vivid Collection pour le DJI Mavic Pro 2, Adobe Photoshop et Adobe Lightroom.

 

DJI Mavic 2 Pro

Avec le drone DJI Mavic 2 Pro vous réalisez de magnifiques vidéos et photos aériennes. Ce drone peut voler à une vitesse de 72 km / h et le contrôleur répond jusqu'à 8 km. Grâce à son format pliable, ce drone rentre toujours dans votre sac et c'est pour cela qu'il est très approprié à emporter avec vous vers votre prochaine destination de voyage. Voyez ici

Batterie Intelligent DJI pour le Mavic

Avec la batterie de vol DJI Mavic, vous êtes sûr(e) d'avoir suffisamment d'énergie. C'est toujours pratique d'avoir un set de batteries supplémentaires, au cas où votre batterie se vide ou se casse. En plus, il faut recharger les batteries. Vous pouvez le charger en route avec le chargeur de voiture ou en charger plusieurs avec le concentrateur de charge.

Voyez ici

Polar Pro VIVID Collection pour le DJI Mavic Pro 2

Ce Polar Pro VIVID Collection pour le DJI Mavic 2 Pro est composé de trois filtres qui offrent les avantages des filtres gris et de polarisation. Ces filtres sont faits avec un verre optique de grande qualité et un revêtement multiple empêchant les reflets. En outre, ils assurent des couleurs vives et ne pèsent qu'un gramme.

Voyez ici

Exemples de photos

Vous êtes curieux d'en savoir plus sur le travail de Kees Streefkerk ? Ci-dessous, vous pouvez voir des photos que Kees a prises avec son équipement.


Plus d'inspiration sur les drones